dimanche 16 mars 2014

LE CARNAVAL DE VENISE



Si une fête mérite d’être vécue en Italie, c’est bien le carnaval. Si celui de Venise est le plus connu, il ne faut pas oublier que d’autres villes italiennes organisent aussi des réjouissances pendant quelques jours. C’est le cas de Milan. Pendant 3 jours vous pourrez voir des enfants déguisés  sur la place du Duomo (tant remplie de confetti et cotillons qu’on dirait qu’il a neigé), des clowns blancs avec des chapeaux de gendarme londoniens et des orchestres avec des clarinettes bleues ! Vous ne pourrez donc pas résister à l’envie de participer vous aussi à cet engouement généralisé et serrez tentés d’acheter un petit masque à 5 euros.

petit arlequin et petite princesse

il neige des confetti

arrivée en trombe des clowns blancs

Mais d’où vient cette fête ?

Comme quasiment toutes les fêtes des pays latins, le carnaval est une tradition chrétienne. Avant d’entrer dans la période maigre du Carême, les chrétiens célébraient le mardi gras, en mangeant, buvant et se divertissant. Ils faisaient des réserves en quelque sorte. Cette fête prenant de l’ampleur, des premières règlementations sont apparues, notamment à Venise. En 1094, le doge Vitale Fallier autorise le carnaval, les masques, les jeux et spectacles uniquement entre le 26 décembre et le mardi gras à Venise. Cette période était marquée par une abondance de spectacles (dont la torture d’animaux comme des oies, taureaux, chats), de pièces de théâtre (et tout particulièrement de la comedia dell’Arte), de feux d’artifice… et autres traditions plus ou moins drôles et impressionnantes.  Les jeunes gens s’amusaient à jeter des œufs pourris sur les femmes les moins bien déguisées. Cette pratique humiliante fut interdite par décret en 1268. En revanche, la tradition du vol de l’ange (descente par un funambule sur une corde reliant le haut du la basilique Saint Marc au balcon du palais ducal) a été maintenue pendant de longues années. 
bauta et tricorne


En ce qui concerne les costumes, ceux-ci rivalisent d’imagination. Moulé dans de l’argile et fabriqué en papier mâché, chacun est unique. Cependant les classiques demeurent. Les hommes portent la bauta, un masque blanc à la mâchoire anguleuse qui déforme la voix et dissimulait les bijoux des plus riches. Accompagné d’un tricorne, le costume procure un effet assez effrayant et imposant !
moretta
Les femmes se parent le plus souvent de la moretta, un masque noir de velours, ovale, surmonté d’un chapeau à large bord. Ce masque était maintenu en place par un petit bouton que les femmes mordaient. Cela avait donc deux conséquences : rendre le personnage encore plus mystérieux et les empêcher de parler, pour la plus grande joie de leurs maris. En effet, le carnaval est le lieu des débordements en tout genre, du libertinage, de toutes les folies et des jeux de hasards, rendus possibles par le port du masque. L’anonymat et l’abolition des barrières sociales crée une atmosphère excitante, laissant place à l’excès de liberté et le relâchement des règles de bienséance. 

Ces attitudes immorales sont bien entendues dénoncées par l’Église et le pouvoir. C’est pour cela qu’à partir du XIIIe siècle des lois viennent limiter la débauche. Tout d’abord il est interdit de sortir masqué en dehors de la période du carnaval, puis d’aller masqué dans les églises et les lieux de jeux de hasard. Cela n’empêche pas Venise d’attirer toujours plus de public ! Les personnages de la comedia dell’arte , Arlequin, Pantalon, Polichinelle, Brighella, Colombine, Scaramouche et Pierrot se jouent bien de ces règlementations. Au XVIIIe siècle, le carnaval bat son plein avec des périodes pouvant atteindre 6 mois ! Mais en 1800, attristé par cette immoralité et effrayé par les masques, Napoléon fait interdire le carnaval à Venise. Celui-ci ne sera remis au gout du jour qu’en 1970 par une bande d’étudiants. Depuis, celui-ci attire toujours plus de touristes.

touristes français

Pour l’avoir vécue pendant une soirée, je vous assure que cette fête vaut la peine d’être vécue. Même si certains vous affirmeront que cette fête est maintenant trop touristique et artificielle, allez-y et faites-vous votre propre avis ! Je vous conseille d’y aller déguiser pour avoir l’impression de prendre part totalement aux festivités.  Déambuler dans les rues de Venise, le long des canaux, croiser des gens costumés  procure une impression fantastique, surnaturelle et mystérieuse qu’il est plaisant d’expérimenter.
Si vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à vous rendre sur ces sites :
·         http://www.e-venise.com/histoire_carnaval_venise_masques.htm